Entre colère et joie, sans un mot
Un après-midi d'été, un enfant se prépare pour les activités d'eau. À la question « Ça va ? », il ne répond pas : il part chercher le coussin de la colère et le rapporte. Interrogé à nouveau, il repart, repose la colère et revient avec la joie. « Tu es content ? » — « Oui ! », avec un sourire.
L'enfant a utilisé deux personnages successivement, sans y être invité, pour participer à l'échange.
« Non, parce qu'il est content »
Un enfant traverse une période de changements : naissance attendue dans la famille, entrée prochaine à l'école, départ de la crèche. Ses journées sont ponctuées de pleurs et de colère. Un jour, il apporte le coussin de la joie. « Tu l'aimes bien ? » — « Non, parce qu'il est content. »
Peut-être exprimait-il, à sa manière, qu'il ne se sentait pas content à cet instant. Il s'agit d'une interprétation professionnelle, et non d'une certitude.
Accueillir la parole de l'enfant, même lorsqu'elle surprend, sans lui donner immédiatement une signification.
« Maman » : un sourire et un bisou
Une enfant exprime à plusieurs reprises son envie de retrouver sa maman. De sa propre initiative, elle choisit le coussin de l'amour, regarde le visage, sourit, dit « Maman » et dépose un bisou sur le personnage.
Un choix, un mot, un sourire et un geste d'affection, intégrés spontanément à un moment de la journée.
La sieste : « Parce que je suis fatigué, moi »
Au moment de la sieste, un enfant prend d'abord le coussin de la joie, puis revient : « C'est pas celui-là que je veux. » Il choisit la fatigue : « Parce que je suis fatigué, moi. » Il part s'installer avec.
Plus largement, certains enfants allaient chercher les coussins avant de s'endormir ou les gardaient près d'eux, parfois à la manière d'un objet de réconfort.
Le coussin devient un support pour exprimer un choix et un état du moment.
Dans les parcours moteurs
Intégrés aux parcours, les coussins deviennent des repères à rejoindre, des éléments à contourner ou des points de passage. Les enfants les retrouvent au fil de leurs déplacements et les intègrent à leur exploration de l'espace.
Les personnages ne sont plus seulement à observer : ils deviennent des éléments de l'activité motrice.
« Où est la joie ? » : reconnaître les émotions ensemble
Le principe est simple : nommer une émotion et inviter les enfants à retrouver le personnage correspondant. Selon leurs possibilités, ils désignent le coussin, vont le chercher ou nomment eux-mêmes l'émotion.
Chacun participe à sa manière : montrer, prendre ou apporter un personnage est déjà une réponse.
Dans les scènes imaginées par les enfants
Un enfant fait semblant de soigner un coussin ; d'autres l'installent pour la sieste ou lui donnent un rôle dans une situation imaginée. Le personnage prend place dans la scène, comme le ferait une peluche.
Les enfants intègrent les personnages à leurs propres scénarios, selon leurs initiatives.